Après le scotch, c'est l'autre fléau des bibliothèques : l'utilisation de colles de bricolage de type néoprène, colle forte ou colle blanche scolaire pour recoller un dos ou une reliure brisée. Pensées pour fixer solidement, ces substances industrielles se transforment rapidement en cauchemar pour le papier et le cuir. En vieillissant, la colle néoprène subit une réaction chimique inévitable : elle brunit profondément, traverse les matériaux, durcit et devient extrêmement cassante. Non seulement elle rigidifie l'ouvrage au point de l'empêcher de s'ouvrir correctement, mais elle finit par rompre à nouveau, en emportant avec elle des morceaux de texte ou de reliure. C'est un traitement destructeur et, là encore, quasi impossible à éliminer sans agresser gravement le support d'origine.
Le conseil de l'artisan :
Pour coller un livre, la force ne fait pas la loi, c’est la souplesse qui compte. Un ouvrage doit pouvoir vivre et s'ouvrir librement. Si le dos de votre livre cède, n'essayez jamais de le "figer" avec une colle forte du commerce. En attendant de le confier à l'atelier pour une pose de claies ou un réemboîtage dans les règles de l'art, conservez les morceaux détachés à l'intérieur du livre sans rien coller.
En reliure, une colle inadaptée condamne le livre, tandis qu'une colle réversible à base d'amidon ou de peau le protège pour les siècles à venir.